Le Havre
Le Havre est une ville du nord-ouest de la France située sur la rive droite de l'estuaire de la Seine. Administrativement, c'est une commune située dans le département de la Seine-Maritime et la région Haute-Normandie. Ses habitants sont les Havrais et les Havraises. C'est la commune la plus peuplée de la région et la plus grande sous-préfecture française. Le Havre est siège d'évêché.
Le Havre a ici le sens ancien de « port ». La ville s'est d'abord appelée Franciscopolis en hommage à François Ier qui prit l'initiative de sa construction, puis Le Havre (ou Le Hable) de Grâce, ce dernier terme venant de la chapelle Notre-Dame-de-Grâce qui existait sur le site avant la fondation de la ville.
Elle est surnommée la Porte Océane. Architecturalement parlant, cette image a été reprise par la « porte » que forme le bâti au bout de l'avenue Foch qui débouche sur la mer. Elle figure en deuxième position dans le classement des ports français, en première position dans le classement des villes normandes, et en deuxième position dans le classement des agglomérations de Haute-Normandie.
La ville a été décorée de la Légion d'honneur le 18 juillet 1949.
L'UNESCO a inscrit le centre-ville du Havre le 15 juillet 2005 au patrimoine mondial de l'humanité en saluant l'« exploitation novatrice du potentiel du béton ». L'espace de 133 hectares représentant selon l'UNESCO « un exemple exceptionnel de l'architecture et de l'urbanisme de l'après-guerre » est un des rares sites contemporains inscrits en Europe.
Le Havre a été synonyme de froideur et de grisaille. On parle d'elle désormais comme une "Brasilia" à la française. Reconquise par ses habitants, consacrée par l'UNESCO, la cité normande a su se forger un nouvel avenir.
La situation [modifier]
Le Havre se trouve sur la pointe sud-ouest du Pays de Caux. La ville est enserrée entre le littoral de la Manche à l'ouest l'estuaire de la Seine au sud et la côte, au nord. La Seine a longtemps marqué une frontière naturelle entre la Haute et la Basse-Normandie. Ainsi, Honfleur est, selon l'expression des Havrais, « de l'autre côté de l'eau ». Pour faire face à cette situation d'enclavement relatif, les aménagements se sont multipliés : le plus prestigieux est le Pont de Normandie qui relie les deux rives de la Seine et place Honfleur à seulement un quart d'heure du Havre. Les géographes et les décideurs ont d'ailleurs créé une nouvelle entité autour des deux rives de l'estuaire, gérée par l'agence d'urbanisme de la région du Havre et de l'estuaire de la Seine.
Le relief et la géomorphologie [modifier]
Le site du Havre, en 1888
La commune du Havre se compose de deux ensembles naturels séparés par une falaise morte ou « côte » :
La ville basse comprend le port, le centre-ville et les quartiers périphériques. Elle a été construite sur d'anciens marais qui ont été drainés à partir du XVIe siècle. Le sol est constitué d'alluvions déposées par la Seine. Le centre-ville, reconstruit après la Seconde Guerre mondiale, repose sur environ un mètre de gravats aplanis.
La ville haute est constituée de banlieues résidentielles aisées, moyennes ou défavorisées (Mont-Gaillard, Caucriauville, Mare-Rouge). Il s'agit de plateaux creusés par des vallons secs (vallon d'Ignauval) et de quartiers en terrasse. La partie nord-ouest de la ville haute (Sainte-Adresse et Dollemard) est la plus haute (entre 90 et 115 mètres d'altitude). Le cap de la Hève se situe à une altitude d'environ 100 mètres.
Le climat [modifier]
Graphique climatique du Havre
En raison de sa situation sur le littoral de la Manche, le climat du Havre est océanique. Les jours sans le moindre vent sont rares, et les vents dominants viennent du nord-ouest. Ils apportent les influences maritimes toute l'année. D'après les relevés de la station météorologique du Cap de la Hève (1970-1999), il y a 24 jours par an où la température descend en dessous de 0 °C, et 14 où elle s'élève au-dessus de 25 °C.
Histoire [modifier]
Ancien musée du vieux Havre, bâtisse des XVIIe et XVIIIe siècles Articles détaillés : Histoire du Havre et chronologie du Havre.
La ville du Havre est une création relativement récente (elle fut fondée le 8 octobre 1517 par François Ier). Elle connut un fort essor démographique grâce au dynamisme de son port. Les bombardements de 1944 marquent une césure importante dans l'histoire de la ville et dans l'esprit de ses habitants. Aujourd'hui, les projets urbains et portuaires se multiplient pour faire face aux défis économiques et sociaux du XXIe siècle.
Le Havre a connu de nombreuses extensions territoriales en annexant des communes voisines :
1852 : Ingouville et des parties de Graville-Sainte-Honorine et de Sanvic
1910 : Graville-Sainte-Honorine en totalité
1953 : Bléville
1955 : Sanvic en totalité
1971 : une partie d'Harfleur (quartier de Caucriauville)
1973 : Rouelles (avec le statut de commune associée, 3 184 habitants en 2006)
Avant François Ier [modifier]
Harfleur, dans l'agglomération du Havre, présente des églises et des maisons à colombages du Moyen Âge
Quelques vestiges préhistoriques ont été exhumés dans le territoire de l'estuaire et dans la forêt de Montgeon.
Dès l'Antiquité, le trafic fluvial sur la Seine était en relation avec le dynamisme des cités de l'estuaire (port de Caracotinum, ancêtre d'Harfleur). Une voie romaine reliait sans doute Lillebonne (Juliobona) à Sainte-Adresse (Chef de Caux) et passait par le territoire actuel de la commune du Havre. Plusieurs sites archéologiques de la période romaine ont été fouillés par les archéologues dans l'agglomération actuelle. Dans une chapelle de l'abbaye de Graville, le sarcophage de sainte Honorine a été redécouvert en 1867.
Pendant le Haut Moyen Âge, le port de l'Eure (ou Leurre) existait au sud-ouest d'Harfleur, sur la rive maritime de la Seine. Il servait d'abri aux navires qui attendaient la marée permettant d'entrer dans le port d'Harfleur. Le port du Havre, quant à lui, n'existe pas encore. Au XIe siècle, le port de Honfleur est créé, sur la rive sud de l'estuaire de la Seine. Les navires trop chargés ne pouvant pas remonter la Seine, on utilise les avant-ports de Chef-de-Caux, au nord-ouest du Havre actuel, Harfleur et Leurre. L'estuaire ne compte alors que quelques hameaux de pêcheurs et d'agriculteurs : Graville, Ingouville, hameau du Lieu-de-Grâce, Saint-Denis-Chef-de-Caux (ancêtre de Sainte-Adresse), Harfleur. C'est aussi à cette époque que s'organisent les premières paroisses.
Après la guerre de Cent Ans, le renouveau économique et la croissance des échanges transatlantiques font germer le projet d'un nouveau port sur la rive nord de l'estuaire de la Seine. L'ensablement du port d'Harfleur et la crainte d'un débarquement anglais poussent le roi François Ier à fonder le port du Havre et avec lui la ville.
Les débuts du Havre [modifier]
Blason du Havre
Malgré les difficultés liées au terrain (marécages) et aux tempêtes, le port du Havre accueille ses premiers navires en octobre 1518. Le 8 octobre 1517, François Ier signe la charte de fondation de la ville dont les plans sont confiés d'abord au vice-amiral Guyon le Roy. La « grosse tour » en défend l'entrée. Les armes de la ville sont celles de François Ier : une salamandre. Le roi se déplace lui-même en août 1520 et rend perpétuels les privilèges des Havrais. La fonction militaire est aussi encouragée : Le Havre est un des points de rassemblement de la flotte française pendant les guerres. Les arsenaux se développent et des navires partent pêcher la morue à Terre-Neuve.
Le Nouveau Monde attire les aventuriers et quelques-uns partent du Havre : ainsi, Villegagnon part du Havre pour fonder une colonie au Brésil (Fort-Coligny) en 1555. Aujourd'hui encore, une place des cannibales rappelle ces liens anciens avec le Nouveau Monde. À la fin du XVIe siècle, la contrebande prend son essor et Le Havre voit arriver des produits américains comme des cuirs, du sucre et du tabac. Un des principaux acteurs de ce trafic interlope est un Havrais explorateur et cartographe, Guillaume Le Testu (1509-1573) : un quai au Havre porte toujours son nom.
En 1536, les premiers travaux de construction de la future cathédrale Notre-Dame sont entrepris par Guillaume de Marceilles. En 1541, François Ier confie le projet d'urbanisme et de fortification à l'architecte italien Girolamo Bellarmato. Celui-ci a les pleins pouvoirs et organise le quartier Saint-François selon des normes précises (plan orthogonal, hauteur des maisons limitée…).
Les guerres de religion [modifier]
Détail de la façade de la cathédrale du Havre
La Réforme connaît un relatif succès en Normandie : les petits nobles du pays de Caux sont influencés et un temple protestant est construit au Havre dès 1561.
Le 8 mai 1562, les réformés investissent Le Havre. Redoutant une contre-attaque des armées royales, ils se tournent vers les Anglais qui envoient des troupes : 6 000 fantassins et 300 cavaliers commandés par le comte de Warwick. Les occupants construisent le fort Warwick et quatre bastions en vertu du traité d'Hampton Court. Les troupes de Charles IX, commandées par le connétable de Montmorency, attaquent Le Havre et les Anglais sont finalement chassés (juillet 1563). Le fort Warwick est détruit sur les ordres du roi de France.
Les XVIIe et XVIIIe siècles [modifier]
Maison de l'Armateur, XVIIIe siècle, Le Havre
La fonction de défense du Havre est réaffirmée et la modernisation du port débute au XVIIe siècle, sur ordre du cardinal de Richelieu, gouverneur de la ville : un arsenal est aménagé, les remparts sont renforcés et une forteresse est construite : c'est ici que Mazarin fait emprisonner les princes frondeurs, Longueville, Conti et Condé. À la fin du XVIIIe siècle, la citadelle est abandonnée et n'était plus qu'une simple caserne.
Mais surtout, Le Havre affirme sa vocation maritime et internationale au cours du XVIIe siècle : la compagnie des Indes s'y installe dès 1642. On importe des produits exotiques (sucre, coton, tabac, café, et diverses épices). La traite des Noirs enrichit les négociants havrais, surtout au XVIIIe siècle. Cependant le commerce maritime est soumis aux relations internationales et au contexte européen : les guerres de Louis XIV et de Louis XV interrompent momentanément l'essor du Havre. Les Anglais bombardent la ville à plusieurs reprises, notamment en 16946.
En 1749, Madame de Pompadour veut voir la mer : Louis XV choisit Le Havre pour satisfaire le désir de sa maîtresse. C'est une visite ruineuse pour les finances de la ville. L'essor économique du Havre se traduit par un accroissement de sa population (20 000 habitants en 1789) mais aussi par des transformations dans le port et la ville : installation d'une manufacture de tabac dans le quartier Saint-François, expansion des chantiers navals. Lors d'une visite en 1786, Louis XVI approuve le projet d'extension de la ville : c'est Lamandé qui se charge de multiplier par quatre la surface de la ville.
La période révolutionnaire (1789-1815) [modifier]
Museum d'histoire naturelle, XVIIIe siècle, Le Havre
Entre 1789 et 1793, le port du Havre est le deuxième en France, après celui de Nantes. Le commerce triangulaire se poursuit jusqu'à la guerre et l'abolition de la traite. Le port reste toujours un enjeu stratégique à cause du commerce des céréales (ravitaillement de Paris) et de sa proximité avec l'ennemi britannique. L'année 1793 fut difficile pour la France comme pour Le Havre à cause de la guerre, des insurrections fédéralistes et du marasme économique. La Terreur religieuse transforme la cathédrale Notre-Dame en temple de la Raison. La ville acquiert le statut de sous-préfecture par la réforme administrative de l'An VIII7. Sous l'empire, Napoléon Ier vient au Havre et ordonne la construction de forts8. À cause de la guerre contre la Grande-Bretagne et du blocus, l'activité du port se réduit et celle des corsaires s'accroît. La population du Havre diminue jusqu'à 16 000 habitants.
La prospérité du XIXe siècle [modifier]
Le port du Havre au XIXe siècle, BNF
L'arrêt des guerres révolutionnaires et napoléoniennes permet au commerce de reprendre normalement à mesure que s'éloigne la menace britannique. Le contexte de paix retrouvée et d'essor économique entraîne un afflux important de population. Les Havrais sont vite à l'étroit dans les murailles et de nouveaux quartiers apparaissent. Mais beaucoup d'indigents s'entassent dans le quartier insalubre de Saint-François. Les épidémies de choléra, de typhoïde et de « fièvres » font plusieurs centaines de morts dans les années 1830-1850. L'alcoolisme et la mortalité infantile font des ravages dans les classes les plus pauvres. Quant aux riches négociants havrais, ils sont très minoritaires mais leur nombre augmente ; ils se font construire de belles résidences en dehors des remparts, sur la « Côte ». Mais les fortunes construites rapidement peuvent disparaître aussi vite et provoquer des ruines retentissantes. Tout au long du XIXe siècle, l'aspect cosmopolite de la cité portuaire ne fait que se renforcer : dans les temps de prospérité maritime, la main d'œuvre du Pays de Caux est poussée vers Le Havre à cause de la crise du tissage. L'implantation d'une large communauté bretonne (10 % de la population havraise à la fin du XIXe siècle) modifie la vie culturelle du Havre. La réussite économique de la ville attire des entrepreneurs anglo-saxons et nordiques. On rencontre des Italiens, des Polonais puis des Maghrébins sur les quais et dans les usines.
La ville et son port se transforment grâce à de grands travaux d'aménagement, en partie financés par l'État, qui s'étalent tout au long du XIXe siècle, parfois interrompus par les crises politiques ou économiques. Ainsi plusieurs projets sont menés à bien comme la construction d'une bourse et du bassin du commerce dès la première moitié du siècle. L'installation progressive de l'éclairage au gaz à partir de 1836, de l'enlèvement des ordures (1844) et des égouts dénote un souci de modernisation urbaine. Au milieu du siècle, les vieux remparts sont rasés et les communes limitrophes sont annexées : par conséquent, la population de la ville du Havre augmente brusquement.
La période 1850-1914 constitue l'âge d'or du Havre ; en effet, si l'on met de côté quelques années de dépression (guerre de Sécession9, guerre franco-prussienne), le commerce explose et la ville s'embellit de constructions édilitaires (grands boulevards, hôtel-de-ville, palais de justice, nouvelle bourse).
Les effets de la révolution industrielle sont de plus en plus visibles au Havre : la première drague à vapeur est utilisée en 1831. Les chantiers de construction navale se développent. Frédéric Sauvage met au point ses premières hélices au Havre en 1833. Le chemin de fer arrive en 184810 et permet de désenclaver Le Havre. Les docks sont construits à la même époque, de même que des magasins généraux. À la veille de la Première Guerre mondiale, Le Havre est le premier port européen pour le café11 ; il importe quelques 250 000 tonnes de coton et 100 000 tonnes de pétrole.
Le secteur industriel existe, mais reste minoritaire au XIXe siècle : les usines sont en relation avec le trafic portuaire (chantiers navals, raffineries de sucre, fabriques de cordes, etc.). Le secteur bancaire se développe, même s'il demeure largement tributaire de l'extérieur. La ville compte peu de professions libérales et de fonctionnaires. Le nombre d'écoles reste insuffisant jusque dans les années 1870.
Le Havre, quai de Southampton
Le port est toujours la porte de l'Amérique : il reçoit des produits tropicaux (café, coton). Le cabotage européen apporte du bois, de la houille et du blé d'Europe du Nord, du vin et de l'huile de Méditerranée. L'abolition de la traite des Noirs entraîne peu à peu une modification des trafics. Le Havre reste un point de passage pour les candidats à l'émigration vers les États-Unis. Les voyages transatlantiques deviennent importants dans la deuxième moitié du XIXe siècle. En 1913, sur les 741 000 passagers qui transitent par Le Havre, 150 000 voyagent vers les États-Unis. C'est le début de l'ère des paquebots qui feront la fierté des Havrais.
Depuis les années 1830, Le Havre est une station balnéaire fréquentée par les Parisiens. La création des bains maritimes remonte à cette époque. C'est en 1890 que le boulevard maritime est construit, dominé par la villa maritime. Le casino Marie-Christine (1912) et le palais des Régates (1906) rassemblent la bourgeoisie. La fin du XIXe siècle et la Belle époque annoncent cependant des tensions sociales exacerbées par l'inflation et le chômage. À partir de 1886, l'agitation ouvrière, que soutiennent les socialistes de plus en plus influents, secoue la ville. L'affaire Jules Durand est symptomatique de ce contexte12.
Le temps des guerres (1914-1945) [modifier]
Le bilan humain de la Première Guerre mondiale est lourd pour la cité : environ 6 000 morts havrais, pour la plupart des soldats partis au combat. La ville a été épargnée par les destructions massives, car le front se situait beaucoup plus au nord. Plusieurs navires ont néanmoins été torpillés par les sous-marins allemands, dans la rade du Havre. Un des faits notables de la guerre a été l'installation du gouvernement belge à Sainte-Adresse, dans la banlieue du Havre, contraint de fuir l'occupation allemande13. La ville servit de base arrière pour l'Entente, notamment pour les navires de guerre britanniques.
La période de l'entre-deux-guerres est marquée par l'arrêt de la croissance démographique, l'agitation sociale et la crise économique. Au sortir de la guerre, l'inflation ruine de nombreux rentiers. La ville est devenue largement ouvrière. Les pénuries et la vie chère provoquent la grande grève de 1922 au cours de laquelle l'état de siège est proclamé. En 1936, l'usine Bréguet du Havre est occupée par les grévistes : c'est le début du mouvement ouvrier sous le Front Populaire. Sur le plan économique, la forte croissance de la deuxième moitié du XIXe siècle semble révolue. Les ports du Nord de l'Europe concurrencent sérieusement Le Havre et les grands travaux d'aménagement portuaire sont ralentis. Cependant, les importations de pétrole continuent d'augmenter et des raffineries voient le jour à l'est du Havre. La crise mondiale de 1929 et les mesures protectionnistes n'encouragent pas le développement du commerce. Seul le secteur du voyage se porte relativement bien, avec 500 000 voyageurs transportés en 1930. Le paquebot Le Normandie part pour New York en 1935. Mais rapidement se profilent les menaces de guerre et le danger nazi.
Les Allemands ont occupé Le Havre à partir du printemps 1940, avec une garnison qui a compté jusqu'à 40 000 soldats. Ils l'ont transformé en base militaire et aménagé la Festung Le Havre, ligne de casemates, blockhaus et batteries d'artilleries. Ce dispositif était intégré au mur de l'Atlantique. Pour les Havrais, la vie quotidienne fut difficile à cause des pénuries, de la censure, des bombardements et de la politique antisémite : ainsi, le maire Léon Meyer est contraint de quitter son poste à cause de ses origines juives ; de nombreux havrais partent. La résistance havraise s'est constituée autour de plusieurs noyaux comme le groupe du lycée du Havre ou encore celui du Vagabond Bien-Aimé. Ces groupes ont participé au renseignement des Britanniques et à des actions de sabotage en vue du débarquement du 6 juin. Pendant la Seconde Guerre mondiale, Le Havre subit 132 bombardements planifiés par les alliés; mais les destructions les plus importantes surviennent les 5 et 6 septembre 1944 lorsque les Alliés bombardent le centre-ville et le port pour affaiblir l'occupant ( nom de code du Bombardement « Tabula Rasa »). L'objectif était de faciliter le ravitaillement et la progression des troupes alliées, qui débarquées trois mois plus tôt en Basse-Normandie, se trouvaient en Belgique à cours d'approvisionnements. Le bilan des bombardements est lourd : 5 000 morts, 80 000 sinistrés, 150 hectares rasés, 12 500 immeubles détruits14. Le port est détruit et quelques 350 épaves gisent au fond de l'eau. La rade ainsi que l'estuaire étaient minés.Les fortifications du Mont Canisy, ouvrage du Mur de l'Atlantique, avait leur batterie pointé sur le port du Havre.
пятница, 15 февраля 2008 г.
Bordeaux
Bordeaux
Bordeaux (Bordèu en occitan gascon, Burdigala en latin) est une ville du sud-ouest de la France, chef-lieu de la région Aquitaine et du département de la Gironde. La commune est peuplée de 230 600 habitants (2005)1, tandis que l'aire urbaine compte plus de 1 000 000 habitants. L'axe Bordeaux-Arcachon-Libourne compte quant à lui près de 1 200 000 habitants2
Ses habitants sont appelés les Bordelais. La ville est connue dans le monde entier pour ses vignobles, surtout depuis le XVIIIe siècle, qui fut pour elle un véritable âge d'or. Capitale de l'ancienne Guyenne (approximativement l'Aquitaine actuelle), Bordeaux fait partie de la Gascogne et elle est située en bordure des Landes de Gascogne.
Une partie de la ville, le port de la Lune, est classée depuis juin 2007 au Patrimoine Mondial de l'Humanité par l'UNESCO pour l'ensemble urbain exceptionnel qu'il représente3.
Héraldique [modifier]
Couronne de la ville, jardin de l'hôtel de ville
Les armes de la ville sont « De gueules à la Grosse Cloche d'argent (château de quatre tours crénelées et couvertes d'argent et sommé d'un clocher du même portant une cloche aussi d'argent, le tout) maçonnée de sable, surmontée d'un léopard d'or et posée sur des ondes d'azur mouvant de la pointe et chargées d'un croissant d'argent ; au chef cousu de France Ancienne. »
Dans les anciennes armoiries de la Ville de Bordeaux, les Fleurs de lis représentent les armes des rois de France ; le léopard rappelle les armes de la province de Guyenne dont Bordeaux était la capitale ; le Château reproduit les tours de l'ancien hôtel de ville dont il reste aujourd'hui la Grosse Cloche ; le Croissant figure la courbe décrite par la Garonne devant la ville qui était nommée "port de la Lune" ; les eaux du fleuve baignent les tours de l'hôtel de ville.
Chiffre de Diane de Poitiers
Les croissants entrelacés qui sont les petites armoiries ou le chiffre de Bordeaux ont pour origine le croissant symbolique qui figure seul dans les armes de la ville. Ils furent aussi le chiffre de Diane de Poitiers.
Ils apparaissent au milieu du XVIIe siècle. Au XVIIIe siècle, on les trouve fréquemment par exemple sur le fronton de la fontaine Saint-Projet (1736). De nos jours, ils figurent un peu partout et marquent discrètement tout ce qui est la propriété de la ville.
Pour couronne, Bordeaux a une couronne murale à sept créneaux (ville de premier ordre) d'or. En lieu et place de cette couronne murale, on fait souvent figurer sur les armes de cette ville une couronne comtale, qui rappelle que la jurade de Bordeaux (conseil municipal, sous l'Ancien Régime) possédait le comté d'Ornon (comprenant approximativement les actuelles communes de Gradignan et de Villenave d'Ornon) depuis le XVIe siècle. Ainsi la ville de Bordeaux est l'une des très rares collectivités locales, en France, qui "porte" un titre de noblesse remontant avant la Révolution française !
Comme supports : deux antilopes blanches colletées d'une couronne fleurdelisée d'or et enchaînée du même.
Histoire [modifier]
L'Antiquité [modifier]
Bordeaux est fondée au IIIe siècle av. J.-C. sous le nom de Burdigala4 en latin, par les Bituriges Vivisques (littéralement 'Bituriges déplacés'), peuple gaulois de la région de Bourges qui contrôlait, depuis le port intérieur, le trafic de l'étain amené d'Armorique. Le premier emplacement est situé à l'embouchure de la Devèze, un affluent de la Garonne, proche de la Gironde. La naissance de Bordeaux n'est pas liée aux qualités du site, car, ville d'embouchure située sur une avancée du plateau landais, elle est longtemps cernée de marais pestilentiels. C'est précisément ce sens de "marais boueux" que conserve encore de nos jours une rivière appelée Eau Bourde passant au sud de la ville.
En 56 av. J.-C. est accueilli à Bordeaux le lieutenant de César, Publius Crassus et, en 52 av. J.-C., Bordeaux accueille le premier urbanisme romain. Le cardo et le décumanus (aujourd'hui rue Sainte-Catherine et cours de l'Intendance) sont tracés et l'on construisit des aqueducs, des temples, un amphithéâtre et une curie. Bordeaux est à l'époque un emporium, c'est-à-dire un comptoir de commerce, contrôlant les routes de l'étain et du plomb entre les ports gaulois de la Loire et la République romaine. Elle est érigée en civitas administrée par un collège de magistrats.
En 28 av. J.-C. la ville est l'une des quatorze cités de l'Aquitaine Seconde.
En 48, elle acquiert le statut prestigieux de municipe de droit latin.
Palais Galien
Burdigala se développe et finit par devenir une des villes les plus opulentes de la Gaule. Entre 40 et 60 sont implantés sur les coteaux nords de la rive gauche les premiers plants de vigne à l'origine du vignoble bordelais. En 70, elle est déclarée par l'empereur Vespasien capitale administrative de la province romaine d’Aquitaine qu'elle ravit à Mediolanum Santonum (Saintes). La ville est particulièrement prospère sous la dynastie des Sévères (193-235), elle englobe alors le mont Judaïque, actuel quartier Saint-Sernin. De cet âge d'or datent des monuments illustres dont le forum (Pilliers de Tutelle) et le Palais Galien (amphithéâtre pouvant contenir 15 000 personnes sur ses gradins en bois).
La ville est victime de la révolte de l'empereur des Gaules, Tetricus (271-273/274), puis des troubles des Bagaudes.
Durement frappée par les invasions barbares de 276 (la ville est pillée et incendiée), la cité édifie (selon le tracé actuel des cours d'Alsace-Lorraine, de la rue des Remparts et des cours du Chapeau Rouge et de l'Intendance) un castrum qui est construit en 286. Il s'agit d'une enceinte de 740 m sur 480 dont les murs ont une hauteur de 10m et une largeur de 5m. On reconstruit également le port intérieur dans lequel s'écoule la Devèze par 26 bouches de bronze. La ville continue à briller pendant près d'un siècle, grâce au commerce de suif, de cire, de poix et de papyrus. Elle s'illustre par ses poètes chrétiens (Ausone, 309-394) et ses saints (saint Paulin de Nole, 353-431).
Le Moyen Âge [modifier]
Au IVe siècle la ville est christianisée par saint Hilaire et saint Martin et devient la métropole de l’Aquitaine Seconde (370-508) et connait les premières hérésies (priscillianisme).
Mais cette période de prospérité de Burdigala est interrompue par différentes invasions : les Alains, les Suèves et les Vandales en 409, les Wisigoths d’Athaulf en 414 et les Francs en 498.
Le VIIe siècle marqua un temps fort dans l’organisation paroissiale de Bordeaux avec la fondation des églises Saint-Rémy, Saint-Pierre et Saint-Siméon;
L’émir Abd al-Rahman remporte la bataille de Bordeaux et pille la ville en 731, et Charles Martel la conquiert sur Eudes d'Aquitaine en 7355.
À la fin du IXe siècle la ville est également pillée par les Normands : une bande menée par le chef viking Hasting6 met le siège fin 847. Le roi d’Aquitaine Pépin II ne fait rien pour aider la ville, et c’est Charles le Chauve qui détruit une flottille de neuf drakkars sur la Dordogne, mais ne peut faire lever le siège. Bordeaux est prise en février 848, mais les Grands d’Aquitaine élisent néanmoins Charles le Chauve roi d’Aquitaine le six juin7.
La ville participe aux révoltes des ducs d’Aquitaine et est soumise par Pépin le Bref en 768, puis par Charlemagne en 778, qui en fait la capitale du royaume d'Aquitaine et celle d’un comté rattaché d'abord au duché de Gascogne (de 852 à 1032), puis du duché d'Aquitaine sous les autorités successives des comtes de Poitiers (de 1032 à 1137) et des Capétiens (de 1137 à 1152).
Il faut attendre le XIIe siècle pour que Bordeaux retrouve sa splendeur. En effet, suite au mariage d’Aliénor d'Aquitaine, ancienne épouse de Louis VII, avec Henri II Plantagenêt en 1154, la ville devient anglaise. Elle le reste pendant trois siècles, tout comme l’Aquitaine, qui, prononcée à l’anglaise, devient la Guyenne.
Bordeaux s’agrandit et de nouvelles enceintes sont édifiées : en 1227 au sud, pour protéger les quartiers neufs (rue Neuve, la Rousselle etc.); en 1327, pour intégrer les nouveaux faubourgs (Sainte-Croix, Sainte-Eulalie, Saint-Michel). Les paroisses de Saint-Michel et de Saint-Pierre se peuplent alors d’artisans (forgerons, charpentiers ou fustiers) laissant leur nom aux rues des Faures et de la Fusterie.
Jean sans Terre confère aux Bordelais le monopole du pouvoir municipal, qui forment la Jurade de Bordeaux.
En 1295, Philippe le Bel occupe temporairement la ville mais les Bordelais ne se rattachent pas à lui.
C'est au cours du XIIIe siècle que Bordeaux redevient prospère grâce au commerce du vin avec l’Angleterre. C'est à cette époque que la cathédrale Saint-André et la Grosse cloche sont construites. L’archevêque de Bordeaux, Bertrand de Got, devient pape sous le nom de Clément V en 1305. De 1362 à 1372, sous le règne du Prince Noir, Bordeaux devient capitale d’un État indépendant, mais le Prince Noir doit renoncer à son projet d'ériger la Guyenne en État souverain.
En 1403 la ville est partiellement incendiée par une escadre franco-espagnole. Le 29 juin 1451, Charles VII occupe la ville qui est reprise par l'anglais John Talbot en 1452.
En 1453, suite à la bataille de Castillon, la ville redevient une possession française et la guerre de Cent Ans s'achève. Mais la ville n’apprécie guère la tutelle du roi de France. Charles VII décide en 1495 de faire de Bordeaux, restée assez anglophile, une ville royale et d’y faire édifier deux forteresses pour dissuader les Bordelais de se révolter contre la monarchie : le fort du Hâ pour défendre la ville des attaques venant du sud et de l’ouest, et le château Trompette pour la protéger du côté de la Garonne. Le commerce du vin avec l’Angleterre s’arrête et la ville perd alors sa prospérité. En 1462, le roi Louis XI rend ses libertés à la ville en lui donnant un Parlement.
L'époque moderne [modifier]
Bordeaux au XVIe et au XVIIe siècle : agitations et lente intégration au royaume de France [modifier]
Le début de la période moderne coïncide pour la ville de Bordeaux au basculement de la domination anglaise vers la domination française (1453). C'est une époque de profonds bouleversements dans tous les domaines:
dans le domaine politique, les larges libertés obtenues par la municipalité lors de la période anglaise sont confrontées à la mise en place d'un État puissant dans le royaume de France
dans le domaine économique, les relations privilégiées avec l'Angleterre, notamment dans la vente du vin, sont fragilisées
dans le domaine culturel, la ville participe aux évolutions de la Renaissance avec le développement de l'humanisme (illustré par Montaigne et La Boétie) et la division du christianisme (importance des guerres de religion dans le Sud-ouest de la France)
Tous ces changements expliquent l'agitation que connaît la cité bordelaise durant les deux premiers siècles de la période moderne :
En 1548, une grande révolte oppose les bordelais au pouvoir royal. À la suite de la jacquerie des pitauds, la population se révolte contre la fiscalité (impôts des cinquante mille hommes de pied) et pour les libertés publiques. Les insurgés encerclent le 21 août le fort du Hâ et le château Trompette. Ils massacrent le gouverneur du roi M. de Moneins et vingt officiers des gabelles. Le roi Henri II ordonne au connétable Anne de Montmorency une répression exemplaire. La cité perd ses privilèges. Elle est désarmée, verse une amende, voit son parlement suspendu. En ville, 140 personnes sont condamnées à mort. La répression s’étend ensuite dans les campagnes alentours où l’on pend les meneurs. Néanmoins, en 1549, Henri II amnistie la cité. Ces événements ont inspiré à Etienne de la Boétie son "Discours sur la servitude volontaire".
Quinze ans plus tard, la ville est touchée par les guerres de religion. En 1562, Duras, capitaine protestant, échoue à prendre le château Trompette, avant d’être battu dans le Périgord par Monluc. Charles IX entre dans la ville le 9 avril 1565 lors de son tour de France royal (1564-1566), accompagné de la Cour et des Grands du royaume : son frère le duc d’Anjou, Henri de Navarre, les cardinaux de Bourbon et de Lorraine8. Ce voyage est entrepris pour apaiser les guerres de religion. Les protestants on été éliminés de la ville, et un syndicat ou ligue de bourgeois se met en place dès 1563 pour conserver la religion catholique. Le massacre de la Saint-Barthélemy (24 août 1572 à Paris) se répète à Bordeaux le 3 octobre, où les protestants sont exterminés, le Parlement ayant planifié les opérations et les massacreurs étant excités par les prêches des prêtres catholiques. Le lieutenant du roi tente d’empêcher les tueries, mais le maire laisse lui aussi faire, le bilan se montant à 200 ou 300 morts9. En 1585, Montaigne est élu maire de Bordeaux par les Jurats. La ville s'apaise et trouve une nouvelle source de profit dans le commerce du pastel de Garonne.
Pendant les luttes de la Fronde entre la noblesse française et le roi, les bourgeois bordelais forment l'Assemblée de l'Ormée. Ce n'est qu'en 1653, après l’entrée du jeune Louis XIV dans la ville soumise par les armes, que Bordeaux est soumise.
En 1675, les parlementaires laissent se développer la révolte du papier timbré, provoquée par une hausse des impôts. Le Parlement est exilé plusieurs années à Condom, et la ville doit loger plusieurs régiments.
Le XVIIIe siècle : siècle d'or… et système esclavagiste [modifier]
Plan de Bordeaux et de ses environs, par Hippolyte Matis (1716-1717)
Bordeaux connaît sa seconde apogée du milieu du XVIIe siècle jusqu'à la Révolution française. Cette prospérité provient à nouveau de son port, qui va devenir le premier port du royaume. La ville commerce le vin, mais aussi le sucre colonial et les esclaves. Au même titre que Nantes, elle devient en effet un centre négrier et s'enrichit beaucoup grâce au commerce triangulaire et aux plantations esclavagistes de la partie française de Saint Domingue qui appartiennent en grande partie aux riches bordelais.
Les archevêques, les intendants et les gouverneurs installés par le roi, embellissent la ville, assèchent les faubourgs marécageux et insalubres et aménagent les anciens remparts. Les intendants Tourny et Boucher font, à moindre échelle, ce que fit 100 ans plus tard le baron Haussmann à Paris. L'architecte André Portier construit, à la place des portes fortifiées de la vieille ville, des arcs de triomphe majestueux comme la porte d'Aquitaine (place de la Victoire), la porte Dijeaux (place Gambetta/ Rue Porte Dijeaux), la porte de la Monnaie (quai de la Monnaie) ou encore la porte de Bourgogne (place Bir-Hakeim). La ville se dote également d'un opéra construit par Victor Louis.
L'architecte de Louis XV, Ange-Jacques Gabriel, crée à la demande de Tourny le Jardin public, voulu comme un espace vert et un haut lieu de promenade qui rencontre très vite la faveur des Bordelais. Gabriel construit aussi la vitrine de la ville : la place de la Bourse, magnifique ensemble XVIIIe de type versaillais, qui donne sur les quais. Elle sert dans un premier temps d'écrin à la statue équestre du roi Louis XV, statue fondue en 1792 et remplacée en 1869 par la fontaine des Trois Grâces, réalisée d'après des plans de Louis Visconti10. La ville devient une des capitales européennes des Lumières dont Montesquieu est le précurseur.
Bordeaux se rallie à la Révolution et devient le chef-lieu de la Gironde (1790). Un groupe politique, la Gironde, se forme.
Au lendemain de l'exécution des Girondins (le 2 juin 1793), Bordeaux se soulève contre la Commune de Paris. Tallien fait régner la Terreur et la commission militaire, présidée par Lacombe, organise 300 exécutions.
Le blocus continental ruine l'économie du port. Bordeaux se dépeuple rapidement (60 000 habitants contre 110 000 en 1789). Le 12 mars 1814, le maire de la ville, Lynch, se rallie aux Bourbons.
Ruinée par les guerres napoléoniennes, la cité se réveilla à la Restauration avec la démolition du château Trompette, en 1816, remplacé par l'immense place des Quinconces (1818-1827), et la construction du premier pont sur la Garonne, le pont de pierre (1809-1821). La ville s'étend vers l'Ouest avec la construction d'échoppes, maisons basses caractéristiques du paysage urbain bordelais.
Bordeaux (Bordèu en occitan gascon, Burdigala en latin) est une ville du sud-ouest de la France, chef-lieu de la région Aquitaine et du département de la Gironde. La commune est peuplée de 230 600 habitants (2005)1, tandis que l'aire urbaine compte plus de 1 000 000 habitants. L'axe Bordeaux-Arcachon-Libourne compte quant à lui près de 1 200 000 habitants2
Ses habitants sont appelés les Bordelais. La ville est connue dans le monde entier pour ses vignobles, surtout depuis le XVIIIe siècle, qui fut pour elle un véritable âge d'or. Capitale de l'ancienne Guyenne (approximativement l'Aquitaine actuelle), Bordeaux fait partie de la Gascogne et elle est située en bordure des Landes de Gascogne.
Une partie de la ville, le port de la Lune, est classée depuis juin 2007 au Patrimoine Mondial de l'Humanité par l'UNESCO pour l'ensemble urbain exceptionnel qu'il représente3.
Héraldique [modifier]
Couronne de la ville, jardin de l'hôtel de ville
Les armes de la ville sont « De gueules à la Grosse Cloche d'argent (château de quatre tours crénelées et couvertes d'argent et sommé d'un clocher du même portant une cloche aussi d'argent, le tout) maçonnée de sable, surmontée d'un léopard d'or et posée sur des ondes d'azur mouvant de la pointe et chargées d'un croissant d'argent ; au chef cousu de France Ancienne. »
Dans les anciennes armoiries de la Ville de Bordeaux, les Fleurs de lis représentent les armes des rois de France ; le léopard rappelle les armes de la province de Guyenne dont Bordeaux était la capitale ; le Château reproduit les tours de l'ancien hôtel de ville dont il reste aujourd'hui la Grosse Cloche ; le Croissant figure la courbe décrite par la Garonne devant la ville qui était nommée "port de la Lune" ; les eaux du fleuve baignent les tours de l'hôtel de ville.
Chiffre de Diane de Poitiers
Les croissants entrelacés qui sont les petites armoiries ou le chiffre de Bordeaux ont pour origine le croissant symbolique qui figure seul dans les armes de la ville. Ils furent aussi le chiffre de Diane de Poitiers.
Ils apparaissent au milieu du XVIIe siècle. Au XVIIIe siècle, on les trouve fréquemment par exemple sur le fronton de la fontaine Saint-Projet (1736). De nos jours, ils figurent un peu partout et marquent discrètement tout ce qui est la propriété de la ville.
Pour couronne, Bordeaux a une couronne murale à sept créneaux (ville de premier ordre) d'or. En lieu et place de cette couronne murale, on fait souvent figurer sur les armes de cette ville une couronne comtale, qui rappelle que la jurade de Bordeaux (conseil municipal, sous l'Ancien Régime) possédait le comté d'Ornon (comprenant approximativement les actuelles communes de Gradignan et de Villenave d'Ornon) depuis le XVIe siècle. Ainsi la ville de Bordeaux est l'une des très rares collectivités locales, en France, qui "porte" un titre de noblesse remontant avant la Révolution française !
Comme supports : deux antilopes blanches colletées d'une couronne fleurdelisée d'or et enchaînée du même.
Histoire [modifier]
L'Antiquité [modifier]
Bordeaux est fondée au IIIe siècle av. J.-C. sous le nom de Burdigala4 en latin, par les Bituriges Vivisques (littéralement 'Bituriges déplacés'), peuple gaulois de la région de Bourges qui contrôlait, depuis le port intérieur, le trafic de l'étain amené d'Armorique. Le premier emplacement est situé à l'embouchure de la Devèze, un affluent de la Garonne, proche de la Gironde. La naissance de Bordeaux n'est pas liée aux qualités du site, car, ville d'embouchure située sur une avancée du plateau landais, elle est longtemps cernée de marais pestilentiels. C'est précisément ce sens de "marais boueux" que conserve encore de nos jours une rivière appelée Eau Bourde passant au sud de la ville.
En 56 av. J.-C. est accueilli à Bordeaux le lieutenant de César, Publius Crassus et, en 52 av. J.-C., Bordeaux accueille le premier urbanisme romain. Le cardo et le décumanus (aujourd'hui rue Sainte-Catherine et cours de l'Intendance) sont tracés et l'on construisit des aqueducs, des temples, un amphithéâtre et une curie. Bordeaux est à l'époque un emporium, c'est-à-dire un comptoir de commerce, contrôlant les routes de l'étain et du plomb entre les ports gaulois de la Loire et la République romaine. Elle est érigée en civitas administrée par un collège de magistrats.
En 28 av. J.-C. la ville est l'une des quatorze cités de l'Aquitaine Seconde.
En 48, elle acquiert le statut prestigieux de municipe de droit latin.
Palais Galien
Burdigala se développe et finit par devenir une des villes les plus opulentes de la Gaule. Entre 40 et 60 sont implantés sur les coteaux nords de la rive gauche les premiers plants de vigne à l'origine du vignoble bordelais. En 70, elle est déclarée par l'empereur Vespasien capitale administrative de la province romaine d’Aquitaine qu'elle ravit à Mediolanum Santonum (Saintes). La ville est particulièrement prospère sous la dynastie des Sévères (193-235), elle englobe alors le mont Judaïque, actuel quartier Saint-Sernin. De cet âge d'or datent des monuments illustres dont le forum (Pilliers de Tutelle) et le Palais Galien (amphithéâtre pouvant contenir 15 000 personnes sur ses gradins en bois).
La ville est victime de la révolte de l'empereur des Gaules, Tetricus (271-273/274), puis des troubles des Bagaudes.
Durement frappée par les invasions barbares de 276 (la ville est pillée et incendiée), la cité édifie (selon le tracé actuel des cours d'Alsace-Lorraine, de la rue des Remparts et des cours du Chapeau Rouge et de l'Intendance) un castrum qui est construit en 286. Il s'agit d'une enceinte de 740 m sur 480 dont les murs ont une hauteur de 10m et une largeur de 5m. On reconstruit également le port intérieur dans lequel s'écoule la Devèze par 26 bouches de bronze. La ville continue à briller pendant près d'un siècle, grâce au commerce de suif, de cire, de poix et de papyrus. Elle s'illustre par ses poètes chrétiens (Ausone, 309-394) et ses saints (saint Paulin de Nole, 353-431).
Le Moyen Âge [modifier]
Au IVe siècle la ville est christianisée par saint Hilaire et saint Martin et devient la métropole de l’Aquitaine Seconde (370-508) et connait les premières hérésies (priscillianisme).
Mais cette période de prospérité de Burdigala est interrompue par différentes invasions : les Alains, les Suèves et les Vandales en 409, les Wisigoths d’Athaulf en 414 et les Francs en 498.
Le VIIe siècle marqua un temps fort dans l’organisation paroissiale de Bordeaux avec la fondation des églises Saint-Rémy, Saint-Pierre et Saint-Siméon;
L’émir Abd al-Rahman remporte la bataille de Bordeaux et pille la ville en 731, et Charles Martel la conquiert sur Eudes d'Aquitaine en 7355.
À la fin du IXe siècle la ville est également pillée par les Normands : une bande menée par le chef viking Hasting6 met le siège fin 847. Le roi d’Aquitaine Pépin II ne fait rien pour aider la ville, et c’est Charles le Chauve qui détruit une flottille de neuf drakkars sur la Dordogne, mais ne peut faire lever le siège. Bordeaux est prise en février 848, mais les Grands d’Aquitaine élisent néanmoins Charles le Chauve roi d’Aquitaine le six juin7.
La ville participe aux révoltes des ducs d’Aquitaine et est soumise par Pépin le Bref en 768, puis par Charlemagne en 778, qui en fait la capitale du royaume d'Aquitaine et celle d’un comté rattaché d'abord au duché de Gascogne (de 852 à 1032), puis du duché d'Aquitaine sous les autorités successives des comtes de Poitiers (de 1032 à 1137) et des Capétiens (de 1137 à 1152).
Il faut attendre le XIIe siècle pour que Bordeaux retrouve sa splendeur. En effet, suite au mariage d’Aliénor d'Aquitaine, ancienne épouse de Louis VII, avec Henri II Plantagenêt en 1154, la ville devient anglaise. Elle le reste pendant trois siècles, tout comme l’Aquitaine, qui, prononcée à l’anglaise, devient la Guyenne.
Bordeaux s’agrandit et de nouvelles enceintes sont édifiées : en 1227 au sud, pour protéger les quartiers neufs (rue Neuve, la Rousselle etc.); en 1327, pour intégrer les nouveaux faubourgs (Sainte-Croix, Sainte-Eulalie, Saint-Michel). Les paroisses de Saint-Michel et de Saint-Pierre se peuplent alors d’artisans (forgerons, charpentiers ou fustiers) laissant leur nom aux rues des Faures et de la Fusterie.
Jean sans Terre confère aux Bordelais le monopole du pouvoir municipal, qui forment la Jurade de Bordeaux.
En 1295, Philippe le Bel occupe temporairement la ville mais les Bordelais ne se rattachent pas à lui.
C'est au cours du XIIIe siècle que Bordeaux redevient prospère grâce au commerce du vin avec l’Angleterre. C'est à cette époque que la cathédrale Saint-André et la Grosse cloche sont construites. L’archevêque de Bordeaux, Bertrand de Got, devient pape sous le nom de Clément V en 1305. De 1362 à 1372, sous le règne du Prince Noir, Bordeaux devient capitale d’un État indépendant, mais le Prince Noir doit renoncer à son projet d'ériger la Guyenne en État souverain.
En 1403 la ville est partiellement incendiée par une escadre franco-espagnole. Le 29 juin 1451, Charles VII occupe la ville qui est reprise par l'anglais John Talbot en 1452.
En 1453, suite à la bataille de Castillon, la ville redevient une possession française et la guerre de Cent Ans s'achève. Mais la ville n’apprécie guère la tutelle du roi de France. Charles VII décide en 1495 de faire de Bordeaux, restée assez anglophile, une ville royale et d’y faire édifier deux forteresses pour dissuader les Bordelais de se révolter contre la monarchie : le fort du Hâ pour défendre la ville des attaques venant du sud et de l’ouest, et le château Trompette pour la protéger du côté de la Garonne. Le commerce du vin avec l’Angleterre s’arrête et la ville perd alors sa prospérité. En 1462, le roi Louis XI rend ses libertés à la ville en lui donnant un Parlement.
L'époque moderne [modifier]
Bordeaux au XVIe et au XVIIe siècle : agitations et lente intégration au royaume de France [modifier]
Le début de la période moderne coïncide pour la ville de Bordeaux au basculement de la domination anglaise vers la domination française (1453). C'est une époque de profonds bouleversements dans tous les domaines:
dans le domaine politique, les larges libertés obtenues par la municipalité lors de la période anglaise sont confrontées à la mise en place d'un État puissant dans le royaume de France
dans le domaine économique, les relations privilégiées avec l'Angleterre, notamment dans la vente du vin, sont fragilisées
dans le domaine culturel, la ville participe aux évolutions de la Renaissance avec le développement de l'humanisme (illustré par Montaigne et La Boétie) et la division du christianisme (importance des guerres de religion dans le Sud-ouest de la France)
Tous ces changements expliquent l'agitation que connaît la cité bordelaise durant les deux premiers siècles de la période moderne :
En 1548, une grande révolte oppose les bordelais au pouvoir royal. À la suite de la jacquerie des pitauds, la population se révolte contre la fiscalité (impôts des cinquante mille hommes de pied) et pour les libertés publiques. Les insurgés encerclent le 21 août le fort du Hâ et le château Trompette. Ils massacrent le gouverneur du roi M. de Moneins et vingt officiers des gabelles. Le roi Henri II ordonne au connétable Anne de Montmorency une répression exemplaire. La cité perd ses privilèges. Elle est désarmée, verse une amende, voit son parlement suspendu. En ville, 140 personnes sont condamnées à mort. La répression s’étend ensuite dans les campagnes alentours où l’on pend les meneurs. Néanmoins, en 1549, Henri II amnistie la cité. Ces événements ont inspiré à Etienne de la Boétie son "Discours sur la servitude volontaire".
Quinze ans plus tard, la ville est touchée par les guerres de religion. En 1562, Duras, capitaine protestant, échoue à prendre le château Trompette, avant d’être battu dans le Périgord par Monluc. Charles IX entre dans la ville le 9 avril 1565 lors de son tour de France royal (1564-1566), accompagné de la Cour et des Grands du royaume : son frère le duc d’Anjou, Henri de Navarre, les cardinaux de Bourbon et de Lorraine8. Ce voyage est entrepris pour apaiser les guerres de religion. Les protestants on été éliminés de la ville, et un syndicat ou ligue de bourgeois se met en place dès 1563 pour conserver la religion catholique. Le massacre de la Saint-Barthélemy (24 août 1572 à Paris) se répète à Bordeaux le 3 octobre, où les protestants sont exterminés, le Parlement ayant planifié les opérations et les massacreurs étant excités par les prêches des prêtres catholiques. Le lieutenant du roi tente d’empêcher les tueries, mais le maire laisse lui aussi faire, le bilan se montant à 200 ou 300 morts9. En 1585, Montaigne est élu maire de Bordeaux par les Jurats. La ville s'apaise et trouve une nouvelle source de profit dans le commerce du pastel de Garonne.
Pendant les luttes de la Fronde entre la noblesse française et le roi, les bourgeois bordelais forment l'Assemblée de l'Ormée. Ce n'est qu'en 1653, après l’entrée du jeune Louis XIV dans la ville soumise par les armes, que Bordeaux est soumise.
En 1675, les parlementaires laissent se développer la révolte du papier timbré, provoquée par une hausse des impôts. Le Parlement est exilé plusieurs années à Condom, et la ville doit loger plusieurs régiments.
Le XVIIIe siècle : siècle d'or… et système esclavagiste [modifier]
Plan de Bordeaux et de ses environs, par Hippolyte Matis (1716-1717)
Bordeaux connaît sa seconde apogée du milieu du XVIIe siècle jusqu'à la Révolution française. Cette prospérité provient à nouveau de son port, qui va devenir le premier port du royaume. La ville commerce le vin, mais aussi le sucre colonial et les esclaves. Au même titre que Nantes, elle devient en effet un centre négrier et s'enrichit beaucoup grâce au commerce triangulaire et aux plantations esclavagistes de la partie française de Saint Domingue qui appartiennent en grande partie aux riches bordelais.
Les archevêques, les intendants et les gouverneurs installés par le roi, embellissent la ville, assèchent les faubourgs marécageux et insalubres et aménagent les anciens remparts. Les intendants Tourny et Boucher font, à moindre échelle, ce que fit 100 ans plus tard le baron Haussmann à Paris. L'architecte André Portier construit, à la place des portes fortifiées de la vieille ville, des arcs de triomphe majestueux comme la porte d'Aquitaine (place de la Victoire), la porte Dijeaux (place Gambetta/ Rue Porte Dijeaux), la porte de la Monnaie (quai de la Monnaie) ou encore la porte de Bourgogne (place Bir-Hakeim). La ville se dote également d'un opéra construit par Victor Louis.
L'architecte de Louis XV, Ange-Jacques Gabriel, crée à la demande de Tourny le Jardin public, voulu comme un espace vert et un haut lieu de promenade qui rencontre très vite la faveur des Bordelais. Gabriel construit aussi la vitrine de la ville : la place de la Bourse, magnifique ensemble XVIIIe de type versaillais, qui donne sur les quais. Elle sert dans un premier temps d'écrin à la statue équestre du roi Louis XV, statue fondue en 1792 et remplacée en 1869 par la fontaine des Trois Grâces, réalisée d'après des plans de Louis Visconti10. La ville devient une des capitales européennes des Lumières dont Montesquieu est le précurseur.
Bordeaux se rallie à la Révolution et devient le chef-lieu de la Gironde (1790). Un groupe politique, la Gironde, se forme.
Au lendemain de l'exécution des Girondins (le 2 juin 1793), Bordeaux se soulève contre la Commune de Paris. Tallien fait régner la Terreur et la commission militaire, présidée par Lacombe, organise 300 exécutions.
Le blocus continental ruine l'économie du port. Bordeaux se dépeuple rapidement (60 000 habitants contre 110 000 en 1789). Le 12 mars 1814, le maire de la ville, Lynch, se rallie aux Bourbons.
Ruinée par les guerres napoléoniennes, la cité se réveilla à la Restauration avec la démolition du château Trompette, en 1816, remplacé par l'immense place des Quinconces (1818-1827), et la construction du premier pont sur la Garonne, le pont de pierre (1809-1821). La ville s'étend vers l'Ouest avec la construction d'échoppes, maisons basses caractéristiques du paysage urbain bordelais.
Avignon
Avignon
1 est une ville du sud de la France, plus grande ville et chef-lieu du département de Vaucluse. Avignon s'étend sur la rive gauche du Rhône. Sur les 90 800 habitants que compte la ville, 12 000 demeurent intra-muros.
Ses habitants sont appelés les Avignonnais.
Géographie [modifier]
Plans et vues satellite : 43°56′58″N 4°48′32″E .
Localisation [modifier]
Avignon se situe au confluent du Rhône et de la Durance, et de ce fait, est limitrophe à l'ouest du département du Gard, avec les communes de Villeneuve-les-Avignon et les Angles, et au sud des Bouches-du-Rhône et des communes de Barbentane, Rognonas, Châteaurenard et Noves.
La ville se situe à proximité d’Orange (au nord), de Nîmes ou encore de Montpellier (au sud-ouest), d’Arles (au sud) et de Salon de Provence et Marseille (au sud-est).
A l'est et au nord, les communes de Caumont-sur-Durance, Morières-lès-Avignon, Le Pontet et Sorgues
Accès et transports [modifier]
Hall de la gare TGV d'Avignon.
Avignon est à proximité de deux autoroutes. L'autoroute A7 (E714), selon un axe nord-sud, sur lequel existe deux sorties : "Avignon nord" et "Avignon sud". L'autoroute A9 (E15) qui se débranche à proximité d'Orange de l'A7 pour se diriger, selon un axe nord-est sud-ouest, vers l'Espagne.
Les routes principales sont la route nationale 100 qui part, à l'ouest sur Villeneuve-lès-Avignon, à l'est vers l'Isle-sur-Sorgue et la route nationale 7 qui vient de l'est, puis bifurque au nord en voie rapide et rejoint la route départementale 225.
Avignon est desservi par deux gares. L'une en centre-ville, face aux remparts, qui est la gare historique et qui peut accueillir tout type de train, l'autre à l'extérieur, dans la zone de "Courtine" au sud de la ville, gare TGV datant de 2001.
L'aéroport d'Avignon - Caumont est en bord de commune et propose 10 lignes directes dont 4 vols par jour à destination de Paris. Environs 100 000 passagers par an transitent par cet aéroport.
La ville propose sept parkings payants surveillés et met à disposition gracieuse deux parkings surveillés soit 1200 places de stationnement.
Avignon compte également 110 kilomètres de pistes cyclables2.
Le Rhône représente aussi depuis de nombreux siècles un moyen de transport important pour la ville. Le trafic fluvial à Avignon bénéficie de deux ports marchands, de stations d'accueil pour des bateaux-croisières et de divers aménagements des berges. À noter aussi la mise en place d'une navette fluviale gratuite.
Géologie et relief [modifier]
La région dans laquelle se situe Avignon est très riche en pierre calcaire et a permis de nombreuses constructions. Par exemple, Les remparts actuels, qui mesurent tout de même 4 330 mètres de long, ont été bâtis avec une pierre calcaire tendre très abondante dans la région que l’on appelle « molasse burdigalienne ».
Sur la commune d'Avignon, à l’abri des remparts, le rocher des Doms est une importante élévation calcaire. Les massifs calcaires sont très présents autour de la commune (Massif des Angles, Villeneuve-lès-Avignon, les Alpilles, etc.) et résultent en partie de l’océanisation du bassin liguro-provençal consécutive à la migration du bloc Sardo-corso.
L'autre élévation importante de la commune d'Avignon est la colline de Montfavet, une colline boisée à l'est de la commune.
La vallée du Rhône présente une zone d'alluvions anciennes : un dépôt meuble y couvre une grande partie du sol. Il se compose d'un limon sablonneux plus ou moins coloré de galets provenant principalement de roches siliceuses. Les îles du Rhône, dont l'île de la Barthelasse, sont nées de l'accumulation des dépôts alluvionnaires et du travail des hommes. Le relief y est donc assez faible malgré la création de buttes permettant aux locaux de se protéger en cas de forte montée des eaux (inondations).
Dans les terres qui se situent autour de la ville on peut noter la présence d’argile, limon, sable et calcaire3.
Hydrographie [modifier]
Le pont d'Avignon sur le Rhône. Au fond, le Mont Ventoux.
Le Rhône passe en bordure ouest de la commune mais est divisé en deux bras : On parle de « Petit Rhône », ou « bras mort » pour la partie est qui touche Avignon et « Grand Rhône » ou « bras vif » pour la partie ouest, celle qui touche Villeneuve-les-Avignon dans le département du Gard, entre les deux, un chapelet d'îles dont la plus grande est l'Île de la Barthelasse. En parallèle au Rhône, un canal a été créé.
La Durance, qui s'écoule en limite sud de la commune, vient se jeter dans le Rhône et marque aussitôt la limite avec les Bouches du Rhône.
Plusieurs plans d'eau naturels ou artificiels comme le lac de Saint-Chamand à l'est de la ville.
Climat [modifier]
Le climat est de type méditerranéen et se caractérise par des étés plutôt chauds et secs et des hivers doux.
Les températures moyennes oscilent entre 0 et 30° selon la saison, mais l'on a déjà pu enregistrer un record de température à 39,7° durant le mois de juillet et -14,0° (de nuit) enregistré en février4).
Le vent (principalement le Mistral) peut souffler au delà des 120 km/h. entre 120 et 160 jours par an, avec une vitesse de 90 km/h par rafale en moyenne mais pouvant monter jusqu'à 120 km/h les jours de forts vents.
Selon Météo-France, le nombre par an de jours de pluies supérieures à 2,5 litres par mètres carrés est de 45 et la quantité d'eau, pluie et neige confondues, est de 660 litres par mètre carré.4
Les bords du Rhône et l'Île de la Barthelasse peuvent être sujets aux inondations durant l'automne et le mois de mars.
Histoire [modifier]
Le nom de la ville remonte aux environs du VIe siècle av. J.-C. Aouen(n)ion, mais qui a deux interprétations : ville du vent violent ou encore seigneur du fleuve. D’autres sources font remonter son origine au gaulois mignon (marais) et de l’article celtique défini.5
Occupation du site dès le Néolithique (stèle anthropomorphe retrouvée au Rocher des Doms et objets découverts dans le quartier de la Balance).6
Antiquité [modifier]
Fondée par les Phocéens de Marseille vers 539 av. J.-C. Elle devient par la suite et restera longtemps la capitale des Cavares. Strabon, le géographe grec, parle d'elle comme l’une des plus importantes ville de la région.6
A l'arrivée des légions romaines vers 120 av. J.-C., les Cavares se soumettent sans combat. Passée sous domination de l'Empire romain, Aouenion devient Avennio et fait maintenant partie de la Gaule Narbonnaise (118 av. J.-C.), puis de la 2e Viennaise. Avennio devient une cité de droit latin en 49 av. J.-C.7
Des remparts sont construits autour de la ville dès le premier siècle, (les Romains, lancés à la conquête de la Gaule, font d'Avignon une ville fortifiée), la ville couvre alors 46 hectares et a une population de près de 25 000 habitants.7
Moyen Âge [modifier]
Gondebaud, roi des Bourguignons, s’en empara au Ve siècle et s’y défendit contre Clovis Ier. Elle résista aux Vandales. Par la suite, elle fut la proie des Goths, et enfin des Francs sous Thierry Ier, roi d’Austrasie, en 612. En 730, les Sarrasins, qui se replient vers le sud après la défaite de Poitiers, s’en emparèrent mais ils en furent chassés par Charles Martel en 737.
Après le partage de l’empire de Charlemagne, Avignon fut comprise dans le royaume d’Arles ou royaume des Deux-Bourgogne et possédée en commun par les comtes de Provence et de Forcalquier, puis par ceux de Toulouse et de Provence. Sous la suzeraineté de ces comtes, elle fut dotée d’une administration autonome (création d’un consulat en 1129, deux ans avant sa voisine Arles) ; mais, lors de la guerre des Albigeois, la ville ayant pris parti pour Raymond VII de Toulouse, comte de Toulouse, elle fut assiégée et prise par le roi de France Louis VIII (1226). En 1249, elle s’érigea en une espèce de république à la mort de Raymond VII, ses héritiers étant partis en croisade.
Mais en 1251, elle fut forcée de se soumettre aux deux frères de Saint Louis, Alphonse de Poitiers et Charles d’Anjou, héritiers par les femmes des comtés de Toulouse et de Provence, qui en furent coseigneurs. Après la mort d’Alphonse (1271), Philippe III de France hérita de sa part d’Avignon, et il la transmit en 1285 à son fils Philippe le Bel. Celui-ci la céda en 1290 à Charles II d’Anjou, qui dès lors resta seul propriétaire de toute la ville.
Le palais des Papes.
Avignon, inscriptionau fronton du Palais des Légats (place du Palais).
Carte d'Avignon
Plan du palais des Papes en 1914.
La papauté d’Avignon [modifier]
Voir l’article détaillé : Papauté d’Avignon
Transfigurée par les papes au XIVe siècle, la cité rhodanienne a résisté aux assauts du temps. Églises, palais et couvents composent un décor médiéval spectaculaire et parfaitement conservé.
Avignon est connue comme ancienne cité papale. En 1309, sous le pape Clément V (ex-archevêque de Bordeaux), Avignon devint la résidence des papes, déjà possesseurs du comtat Venaissin ; elle fut vendue le 9 juin 1348 à Clément VI par Jeanne Ire de Naples, reine de Naples et comtesse de Provence. Au total ce sont neuf papes — dont deux schismatiques — qui vont se succéder dans le palais des Papes et enrichir celui-ci au fil des pontificats. À la fois forteresse et palais, la résidence papale est construite entre 1334 et 1363. Elle sera pendant près d'un siècle le siège de la chrétienté d'Occident. Sept papes et deux anti-papes s'y succédèrent. Après le retour définitif des souverains pontifes à Rome, au début du XVe siècle, elle devient la résidence des légats envoyés par le Vatican. La ville resta propriété de l'Église jusqu'en 1791, date à laquelle elle fut, avec le Comtat Venaissin, réunie à la France. Au XIXe siècle, le palais accueille successivement des soldats, des prisonniers, puis les archives départementales. Sa restauration débute en 1906.
La cour bouillonne et attire un grand nombre d'immigrants : marchands, peintres, sculpteurs, musiciens...
1309–1316 Clément V
1316–1334 Jean XXII
1334–1342 Benoît XII
1342–1352 Clément VI
1352–1362 Innocent VI
1362–1370 Bienheureux Urbain V
1370–1378 Grégoire XI
1378–1394 L’antipape Clément VII
1394–1423 L’antipape Benoît XIII
En 1355, Innocent VI fait élever de nouveaux remparts, afin d'englober les nouveaux faubourgs et de tenir les grandes compagnies à distance. Ces bandes de pillards épargnent la ville après avoir reçu une très dissuasive compensation financière. Puis les saints pères s'en retournent à Rome, les siècles passent... Et Avignon conserve sa muraille. Une muraille pas bien haute, finalement, que l'on pourrait presque enjamber et qu'un certain missionnaire, le père Labat, raillait ainsi en 1731 : « Si les boulets de canon n'étaient remplis que de vent, [les remparts] pourraient résister quelque temps. » Il a même été question un moment de les démolir. On les avait déjà percés : ils comptaient en effet 7 portes à l'origine, fermées la nuit et réduites à 4 vers le XVIe siècle. On en compte aujourd'hui 29, étroites poternes et brèches incluses. Les murs actuels (4 330 mètres de longueur) datent de 1356. Ils furent édifiés à la demande du pape Innocent VI pour englober les nouveaux quartiers d'une ville en pleine expansion et la protéger des bandes de pillards qui écumaient la région. Au XIXe siècle, l'architecte Viollet-le-Duc redessina l'ensemble. Parfaitement conservée, cette muraille basse à mâchicoulis ensère le cœur administratif et culturel de la ville. Un Avignonnais sur sept y a élu domicile.
Les remparts d'Avignon
Lorsque Grégoire XI ramena le siège de la papauté à Rome, en 1377, la ville d’Avignon fut administrée par un légat. Les papes revinrent l’habiter pendant le Grand Schisme (1379–1411). Puis, de nouveau, la cité fut administrée par un légat, assisté, de manière permanente à partir de 1542, par un vice-légat.
Temps modernes [modifier]
À la mort de l’archevêque d’Arles Philippe de Lévis (1475), le pape Sixte IV de Rome réduisit le diocèse d’Arles : il détacha le diocèse d’Avignon de la province d’Arles, l’érigea en archevêché et lui attribua comme suffragants les évêchés comtadins de Carpentras, Cavaillon et Vaison-la-Romaine.8
En 1562, la ville est assiégée par le baron des Adrets, qui voulait venger le massacre d’Orange9.
Charles IX passe dans la ville lors de son tour de France royal (1564-1566), accompagné de la cour et des grands du royaume : son frère le duc d’Anjou, Henri de Navarre, les cardinaux de Bourbon et de Lorraine10. La cour y séjourne trois semaines.
La ville reçut la visite de saint Vincent de Paul en 1607 et celle de saint François de Sales en 1622.8
En 1691, la fonction de légat est supprimée et le vice-légat gouverne désormais seul la cité.
Ultérieurement, Avignon, comme capitale du Comtat Venaissin, est donc restée possession pontificale jusqu’au 12 septembre 1791, date à laquelle l’Assemblée nationale constituante vota l’annexion d’Avignon et la réunion du Comtat Venaissin au royaume de France, suite à un référendum soumis aux habitants dudit Comtat.
Les 16 et 17 octobre 1791, Avignon a été impliquée dans les massacres dits de la Glacière.
À la création du département du Vaucluse le 12 août 1793, la ville en devient le chef-lieu. Cette réunion fut confirmée en 1797 par le traité de Tolentino. Pendant la Révolution et en 1815, Avignon fut le théâtre de déplorables excès : le maréchal Brune y fut assassiné.
Le 11 novembre 1948, Avignon reçoit une citation à l’ordre de la division. Cette distinction comporte l’attribution de la croix de guerre avec étoile d’argent.11
Anecdote fiscale : c’est le Rhône qui déterminait la frontière entre les terres pontificales et le royaume de France. Mais le fleuve était considéré comme territoire français. Lorsque les crues inondaient les bas-quartiers d’Avignon, les collecteurs d’impôts royaux venaient donc en barque prélever les impôts dus à la couronne.
1 est une ville du sud de la France, plus grande ville et chef-lieu du département de Vaucluse. Avignon s'étend sur la rive gauche du Rhône. Sur les 90 800 habitants que compte la ville, 12 000 demeurent intra-muros.
Ses habitants sont appelés les Avignonnais.
Géographie [modifier]
Plans et vues satellite : 43°56′58″N 4°48′32″E .
Localisation [modifier]
Avignon se situe au confluent du Rhône et de la Durance, et de ce fait, est limitrophe à l'ouest du département du Gard, avec les communes de Villeneuve-les-Avignon et les Angles, et au sud des Bouches-du-Rhône et des communes de Barbentane, Rognonas, Châteaurenard et Noves.
La ville se situe à proximité d’Orange (au nord), de Nîmes ou encore de Montpellier (au sud-ouest), d’Arles (au sud) et de Salon de Provence et Marseille (au sud-est).
A l'est et au nord, les communes de Caumont-sur-Durance, Morières-lès-Avignon, Le Pontet et Sorgues
Accès et transports [modifier]
Hall de la gare TGV d'Avignon.
Avignon est à proximité de deux autoroutes. L'autoroute A7 (E714), selon un axe nord-sud, sur lequel existe deux sorties : "Avignon nord" et "Avignon sud". L'autoroute A9 (E15) qui se débranche à proximité d'Orange de l'A7 pour se diriger, selon un axe nord-est sud-ouest, vers l'Espagne.
Les routes principales sont la route nationale 100 qui part, à l'ouest sur Villeneuve-lès-Avignon, à l'est vers l'Isle-sur-Sorgue et la route nationale 7 qui vient de l'est, puis bifurque au nord en voie rapide et rejoint la route départementale 225.
Avignon est desservi par deux gares. L'une en centre-ville, face aux remparts, qui est la gare historique et qui peut accueillir tout type de train, l'autre à l'extérieur, dans la zone de "Courtine" au sud de la ville, gare TGV datant de 2001.
L'aéroport d'Avignon - Caumont est en bord de commune et propose 10 lignes directes dont 4 vols par jour à destination de Paris. Environs 100 000 passagers par an transitent par cet aéroport.
La ville propose sept parkings payants surveillés et met à disposition gracieuse deux parkings surveillés soit 1200 places de stationnement.
Avignon compte également 110 kilomètres de pistes cyclables2.
Le Rhône représente aussi depuis de nombreux siècles un moyen de transport important pour la ville. Le trafic fluvial à Avignon bénéficie de deux ports marchands, de stations d'accueil pour des bateaux-croisières et de divers aménagements des berges. À noter aussi la mise en place d'une navette fluviale gratuite.
Géologie et relief [modifier]
La région dans laquelle se situe Avignon est très riche en pierre calcaire et a permis de nombreuses constructions. Par exemple, Les remparts actuels, qui mesurent tout de même 4 330 mètres de long, ont été bâtis avec une pierre calcaire tendre très abondante dans la région que l’on appelle « molasse burdigalienne ».
Sur la commune d'Avignon, à l’abri des remparts, le rocher des Doms est une importante élévation calcaire. Les massifs calcaires sont très présents autour de la commune (Massif des Angles, Villeneuve-lès-Avignon, les Alpilles, etc.) et résultent en partie de l’océanisation du bassin liguro-provençal consécutive à la migration du bloc Sardo-corso.
L'autre élévation importante de la commune d'Avignon est la colline de Montfavet, une colline boisée à l'est de la commune.
La vallée du Rhône présente une zone d'alluvions anciennes : un dépôt meuble y couvre une grande partie du sol. Il se compose d'un limon sablonneux plus ou moins coloré de galets provenant principalement de roches siliceuses. Les îles du Rhône, dont l'île de la Barthelasse, sont nées de l'accumulation des dépôts alluvionnaires et du travail des hommes. Le relief y est donc assez faible malgré la création de buttes permettant aux locaux de se protéger en cas de forte montée des eaux (inondations).
Dans les terres qui se situent autour de la ville on peut noter la présence d’argile, limon, sable et calcaire3.
Hydrographie [modifier]
Le pont d'Avignon sur le Rhône. Au fond, le Mont Ventoux.
Le Rhône passe en bordure ouest de la commune mais est divisé en deux bras : On parle de « Petit Rhône », ou « bras mort » pour la partie est qui touche Avignon et « Grand Rhône » ou « bras vif » pour la partie ouest, celle qui touche Villeneuve-les-Avignon dans le département du Gard, entre les deux, un chapelet d'îles dont la plus grande est l'Île de la Barthelasse. En parallèle au Rhône, un canal a été créé.
La Durance, qui s'écoule en limite sud de la commune, vient se jeter dans le Rhône et marque aussitôt la limite avec les Bouches du Rhône.
Plusieurs plans d'eau naturels ou artificiels comme le lac de Saint-Chamand à l'est de la ville.
Climat [modifier]
Le climat est de type méditerranéen et se caractérise par des étés plutôt chauds et secs et des hivers doux.
Les températures moyennes oscilent entre 0 et 30° selon la saison, mais l'on a déjà pu enregistrer un record de température à 39,7° durant le mois de juillet et -14,0° (de nuit) enregistré en février4).
Le vent (principalement le Mistral) peut souffler au delà des 120 km/h. entre 120 et 160 jours par an, avec une vitesse de 90 km/h par rafale en moyenne mais pouvant monter jusqu'à 120 km/h les jours de forts vents.
Selon Météo-France, le nombre par an de jours de pluies supérieures à 2,5 litres par mètres carrés est de 45 et la quantité d'eau, pluie et neige confondues, est de 660 litres par mètre carré.4
Les bords du Rhône et l'Île de la Barthelasse peuvent être sujets aux inondations durant l'automne et le mois de mars.
Histoire [modifier]
Le nom de la ville remonte aux environs du VIe siècle av. J.-C. Aouen(n)ion, mais qui a deux interprétations : ville du vent violent ou encore seigneur du fleuve. D’autres sources font remonter son origine au gaulois mignon (marais) et de l’article celtique défini.5
Occupation du site dès le Néolithique (stèle anthropomorphe retrouvée au Rocher des Doms et objets découverts dans le quartier de la Balance).6
Antiquité [modifier]
Fondée par les Phocéens de Marseille vers 539 av. J.-C. Elle devient par la suite et restera longtemps la capitale des Cavares. Strabon, le géographe grec, parle d'elle comme l’une des plus importantes ville de la région.6
A l'arrivée des légions romaines vers 120 av. J.-C., les Cavares se soumettent sans combat. Passée sous domination de l'Empire romain, Aouenion devient Avennio et fait maintenant partie de la Gaule Narbonnaise (118 av. J.-C.), puis de la 2e Viennaise. Avennio devient une cité de droit latin en 49 av. J.-C.7
Des remparts sont construits autour de la ville dès le premier siècle, (les Romains, lancés à la conquête de la Gaule, font d'Avignon une ville fortifiée), la ville couvre alors 46 hectares et a une population de près de 25 000 habitants.7
Moyen Âge [modifier]
Gondebaud, roi des Bourguignons, s’en empara au Ve siècle et s’y défendit contre Clovis Ier. Elle résista aux Vandales. Par la suite, elle fut la proie des Goths, et enfin des Francs sous Thierry Ier, roi d’Austrasie, en 612. En 730, les Sarrasins, qui se replient vers le sud après la défaite de Poitiers, s’en emparèrent mais ils en furent chassés par Charles Martel en 737.
Après le partage de l’empire de Charlemagne, Avignon fut comprise dans le royaume d’Arles ou royaume des Deux-Bourgogne et possédée en commun par les comtes de Provence et de Forcalquier, puis par ceux de Toulouse et de Provence. Sous la suzeraineté de ces comtes, elle fut dotée d’une administration autonome (création d’un consulat en 1129, deux ans avant sa voisine Arles) ; mais, lors de la guerre des Albigeois, la ville ayant pris parti pour Raymond VII de Toulouse, comte de Toulouse, elle fut assiégée et prise par le roi de France Louis VIII (1226). En 1249, elle s’érigea en une espèce de république à la mort de Raymond VII, ses héritiers étant partis en croisade.
Mais en 1251, elle fut forcée de se soumettre aux deux frères de Saint Louis, Alphonse de Poitiers et Charles d’Anjou, héritiers par les femmes des comtés de Toulouse et de Provence, qui en furent coseigneurs. Après la mort d’Alphonse (1271), Philippe III de France hérita de sa part d’Avignon, et il la transmit en 1285 à son fils Philippe le Bel. Celui-ci la céda en 1290 à Charles II d’Anjou, qui dès lors resta seul propriétaire de toute la ville.
Le palais des Papes.
Avignon, inscriptionau fronton du Palais des Légats (place du Palais).
Carte d'Avignon
Plan du palais des Papes en 1914.
La papauté d’Avignon [modifier]
Voir l’article détaillé : Papauté d’Avignon
Transfigurée par les papes au XIVe siècle, la cité rhodanienne a résisté aux assauts du temps. Églises, palais et couvents composent un décor médiéval spectaculaire et parfaitement conservé.
Avignon est connue comme ancienne cité papale. En 1309, sous le pape Clément V (ex-archevêque de Bordeaux), Avignon devint la résidence des papes, déjà possesseurs du comtat Venaissin ; elle fut vendue le 9 juin 1348 à Clément VI par Jeanne Ire de Naples, reine de Naples et comtesse de Provence. Au total ce sont neuf papes — dont deux schismatiques — qui vont se succéder dans le palais des Papes et enrichir celui-ci au fil des pontificats. À la fois forteresse et palais, la résidence papale est construite entre 1334 et 1363. Elle sera pendant près d'un siècle le siège de la chrétienté d'Occident. Sept papes et deux anti-papes s'y succédèrent. Après le retour définitif des souverains pontifes à Rome, au début du XVe siècle, elle devient la résidence des légats envoyés par le Vatican. La ville resta propriété de l'Église jusqu'en 1791, date à laquelle elle fut, avec le Comtat Venaissin, réunie à la France. Au XIXe siècle, le palais accueille successivement des soldats, des prisonniers, puis les archives départementales. Sa restauration débute en 1906.
La cour bouillonne et attire un grand nombre d'immigrants : marchands, peintres, sculpteurs, musiciens...
1309–1316 Clément V
1316–1334 Jean XXII
1334–1342 Benoît XII
1342–1352 Clément VI
1352–1362 Innocent VI
1362–1370 Bienheureux Urbain V
1370–1378 Grégoire XI
1378–1394 L’antipape Clément VII
1394–1423 L’antipape Benoît XIII
En 1355, Innocent VI fait élever de nouveaux remparts, afin d'englober les nouveaux faubourgs et de tenir les grandes compagnies à distance. Ces bandes de pillards épargnent la ville après avoir reçu une très dissuasive compensation financière. Puis les saints pères s'en retournent à Rome, les siècles passent... Et Avignon conserve sa muraille. Une muraille pas bien haute, finalement, que l'on pourrait presque enjamber et qu'un certain missionnaire, le père Labat, raillait ainsi en 1731 : « Si les boulets de canon n'étaient remplis que de vent, [les remparts] pourraient résister quelque temps. » Il a même été question un moment de les démolir. On les avait déjà percés : ils comptaient en effet 7 portes à l'origine, fermées la nuit et réduites à 4 vers le XVIe siècle. On en compte aujourd'hui 29, étroites poternes et brèches incluses. Les murs actuels (4 330 mètres de longueur) datent de 1356. Ils furent édifiés à la demande du pape Innocent VI pour englober les nouveaux quartiers d'une ville en pleine expansion et la protéger des bandes de pillards qui écumaient la région. Au XIXe siècle, l'architecte Viollet-le-Duc redessina l'ensemble. Parfaitement conservée, cette muraille basse à mâchicoulis ensère le cœur administratif et culturel de la ville. Un Avignonnais sur sept y a élu domicile.
Les remparts d'Avignon
Lorsque Grégoire XI ramena le siège de la papauté à Rome, en 1377, la ville d’Avignon fut administrée par un légat. Les papes revinrent l’habiter pendant le Grand Schisme (1379–1411). Puis, de nouveau, la cité fut administrée par un légat, assisté, de manière permanente à partir de 1542, par un vice-légat.
Temps modernes [modifier]
À la mort de l’archevêque d’Arles Philippe de Lévis (1475), le pape Sixte IV de Rome réduisit le diocèse d’Arles : il détacha le diocèse d’Avignon de la province d’Arles, l’érigea en archevêché et lui attribua comme suffragants les évêchés comtadins de Carpentras, Cavaillon et Vaison-la-Romaine.8
En 1562, la ville est assiégée par le baron des Adrets, qui voulait venger le massacre d’Orange9.
Charles IX passe dans la ville lors de son tour de France royal (1564-1566), accompagné de la cour et des grands du royaume : son frère le duc d’Anjou, Henri de Navarre, les cardinaux de Bourbon et de Lorraine10. La cour y séjourne trois semaines.
La ville reçut la visite de saint Vincent de Paul en 1607 et celle de saint François de Sales en 1622.8
En 1691, la fonction de légat est supprimée et le vice-légat gouverne désormais seul la cité.
Ultérieurement, Avignon, comme capitale du Comtat Venaissin, est donc restée possession pontificale jusqu’au 12 septembre 1791, date à laquelle l’Assemblée nationale constituante vota l’annexion d’Avignon et la réunion du Comtat Venaissin au royaume de France, suite à un référendum soumis aux habitants dudit Comtat.
Les 16 et 17 octobre 1791, Avignon a été impliquée dans les massacres dits de la Glacière.
À la création du département du Vaucluse le 12 août 1793, la ville en devient le chef-lieu. Cette réunion fut confirmée en 1797 par le traité de Tolentino. Pendant la Révolution et en 1815, Avignon fut le théâtre de déplorables excès : le maréchal Brune y fut assassiné.
Le 11 novembre 1948, Avignon reçoit une citation à l’ordre de la division. Cette distinction comporte l’attribution de la croix de guerre avec étoile d’argent.11
Anecdote fiscale : c’est le Rhône qui déterminait la frontière entre les terres pontificales et le royaume de France. Mais le fleuve était considéré comme territoire français. Lorsque les crues inondaient les bas-quartiers d’Avignon, les collecteurs d’impôts royaux venaient donc en barque prélever les impôts dus à la couronne.
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