пятница, 15 февраля 2008 г.

Le Havre

Le Havre

Le Havre est une ville du nord-ouest de la France située sur la rive droite de l'estuaire de la Seine. Administrativement, c'est une commune située dans le département de la Seine-Maritime et la région Haute-Normandie. Ses habitants sont les Havrais et les Havraises. C'est la commune la plus peuplée de la région et la plus grande sous-préfecture française. Le Havre est siège d'évêché.

Le Havre a ici le sens ancien de « port ». La ville s'est d'abord appelée Franciscopolis en hommage à François Ier qui prit l'initiative de sa construction, puis Le Havre (ou Le Hable) de Grâce, ce dernier terme venant de la chapelle Notre-Dame-de-Grâce qui existait sur le site avant la fondation de la ville.

Elle est surnommée la Porte Océane. Architecturalement parlant, cette image a été reprise par la « porte » que forme le bâti au bout de l'avenue Foch qui débouche sur la mer. Elle figure en deuxième position dans le classement des ports français, en première position dans le classement des villes normandes, et en deuxième position dans le classement des agglomérations de Haute-Normandie.

La ville a été décorée de la Légion d'honneur le 18 juillet 1949.

L'UNESCO a inscrit le centre-ville du Havre le 15 juillet 2005 au patrimoine mondial de l'humanité en saluant l'« exploitation novatrice du potentiel du béton ». L'espace de 133 hectares représentant selon l'UNESCO « un exemple exceptionnel de l'architecture et de l'urbanisme de l'après-guerre » est un des rares sites contemporains inscrits en Europe.

Le Havre a été synonyme de froideur et de grisaille. On parle d'elle désormais comme une "Brasilia" à la française. Reconquise par ses habitants, consacrée par l'UNESCO, la cité normande a su se forger un nouvel avenir.
La situation [modifier]

Le Havre se trouve sur la pointe sud-ouest du Pays de Caux. La ville est enserrée entre le littoral de la Manche à l'ouest l'estuaire de la Seine au sud et la côte, au nord. La Seine a longtemps marqué une frontière naturelle entre la Haute et la Basse-Normandie. Ainsi, Honfleur est, selon l'expression des Havrais, « de l'autre côté de l'eau ». Pour faire face à cette situation d'enclavement relatif, les aménagements se sont multipliés : le plus prestigieux est le Pont de Normandie qui relie les deux rives de la Seine et place Honfleur à seulement un quart d'heure du Havre. Les géographes et les décideurs ont d'ailleurs créé une nouvelle entité autour des deux rives de l'estuaire, gérée par l'agence d'urbanisme de la région du Havre et de l'estuaire de la Seine.

Le relief et la géomorphologie [modifier]
Le site du Havre, en 1888

La commune du Havre se compose de deux ensembles naturels séparés par une falaise morte ou « côte » :
La ville basse comprend le port, le centre-ville et les quartiers périphériques. Elle a été construite sur d'anciens marais qui ont été drainés à partir du XVIe siècle. Le sol est constitué d'alluvions déposées par la Seine. Le centre-ville, reconstruit après la Seconde Guerre mondiale, repose sur environ un mètre de gravats aplanis.
La ville haute est constituée de banlieues résidentielles aisées, moyennes ou défavorisées (Mont-Gaillard, Caucriauville, Mare-Rouge). Il s'agit de plateaux creusés par des vallons secs (vallon d'Ignauval) et de quartiers en terrasse. La partie nord-ouest de la ville haute (Sainte-Adresse et Dollemard) est la plus haute (entre 90 et 115 mètres d'altitude). Le cap de la Hève se situe à une altitude d'environ 100 mètres.

Le climat [modifier]
Graphique climatique du Havre

En raison de sa situation sur le littoral de la Manche, le climat du Havre est océanique. Les jours sans le moindre vent sont rares, et les vents dominants viennent du nord-ouest. Ils apportent les influences maritimes toute l'année. D'après les relevés de la station météorologique du Cap de la Hève (1970-1999), il y a 24 jours par an où la température descend en dessous de 0 °C, et 14 où elle s'élève au-dessus de 25 °C.
Histoire [modifier]
Ancien musée du vieux Havre, bâtisse des XVIIe et XVIIIe siècles Articles détaillés : Histoire du Havre et chronologie du Havre.


La ville du Havre est une création relativement récente (elle fut fondée le 8 octobre 1517 par François Ier). Elle connut un fort essor démographique grâce au dynamisme de son port. Les bombardements de 1944 marquent une césure importante dans l'histoire de la ville et dans l'esprit de ses habitants. Aujourd'hui, les projets urbains et portuaires se multiplient pour faire face aux défis économiques et sociaux du XXIe siècle.

Le Havre a connu de nombreuses extensions territoriales en annexant des communes voisines :
1852 : Ingouville et des parties de Graville-Sainte-Honorine et de Sanvic
1910 : Graville-Sainte-Honorine en totalité
1953 : Bléville
1955 : Sanvic en totalité
1971 : une partie d'Harfleur (quartier de Caucriauville)
1973 : Rouelles (avec le statut de commune associée, 3 184 habitants en 2006)

Avant François Ier [modifier]
Harfleur, dans l'agglomération du Havre, présente des églises et des maisons à colombages du Moyen Âge

Quelques vestiges préhistoriques ont été exhumés dans le territoire de l'estuaire et dans la forêt de Montgeon.

Dès l'Antiquité, le trafic fluvial sur la Seine était en relation avec le dynamisme des cités de l'estuaire (port de Caracotinum, ancêtre d'Harfleur). Une voie romaine reliait sans doute Lillebonne (Juliobona) à Sainte-Adresse (Chef de Caux) et passait par le territoire actuel de la commune du Havre. Plusieurs sites archéologiques de la période romaine ont été fouillés par les archéologues dans l'agglomération actuelle. Dans une chapelle de l'abbaye de Graville, le sarcophage de sainte Honorine a été redécouvert en 1867.

Pendant le Haut Moyen Âge, le port de l'Eure (ou Leurre) existait au sud-ouest d'Harfleur, sur la rive maritime de la Seine. Il servait d'abri aux navires qui attendaient la marée permettant d'entrer dans le port d'Harfleur. Le port du Havre, quant à lui, n'existe pas encore. Au XIe siècle, le port de Honfleur est créé, sur la rive sud de l'estuaire de la Seine. Les navires trop chargés ne pouvant pas remonter la Seine, on utilise les avant-ports de Chef-de-Caux, au nord-ouest du Havre actuel, Harfleur et Leurre. L'estuaire ne compte alors que quelques hameaux de pêcheurs et d'agriculteurs : Graville, Ingouville, hameau du Lieu-de-Grâce, Saint-Denis-Chef-de-Caux (ancêtre de Sainte-Adresse), Harfleur. C'est aussi à cette époque que s'organisent les premières paroisses.

Après la guerre de Cent Ans, le renouveau économique et la croissance des échanges transatlantiques font germer le projet d'un nouveau port sur la rive nord de l'estuaire de la Seine. L'ensablement du port d'Harfleur et la crainte d'un débarquement anglais poussent le roi François Ier à fonder le port du Havre et avec lui la ville.

Les débuts du Havre [modifier]
Blason du Havre

Malgré les difficultés liées au terrain (marécages) et aux tempêtes, le port du Havre accueille ses premiers navires en octobre 1518. Le 8 octobre 1517, François Ier signe la charte de fondation de la ville dont les plans sont confiés d'abord au vice-amiral Guyon le Roy. La « grosse tour » en défend l'entrée. Les armes de la ville sont celles de François Ier : une salamandre. Le roi se déplace lui-même en août 1520 et rend perpétuels les privilèges des Havrais. La fonction militaire est aussi encouragée : Le Havre est un des points de rassemblement de la flotte française pendant les guerres. Les arsenaux se développent et des navires partent pêcher la morue à Terre-Neuve.

Le Nouveau Monde attire les aventuriers et quelques-uns partent du Havre : ainsi, Villegagnon part du Havre pour fonder une colonie au Brésil (Fort-Coligny) en 1555. Aujourd'hui encore, une place des cannibales rappelle ces liens anciens avec le Nouveau Monde. À la fin du XVIe siècle, la contrebande prend son essor et Le Havre voit arriver des produits américains comme des cuirs, du sucre et du tabac. Un des principaux acteurs de ce trafic interlope est un Havrais explorateur et cartographe, Guillaume Le Testu (1509-1573) : un quai au Havre porte toujours son nom.

En 1536, les premiers travaux de construction de la future cathédrale Notre-Dame sont entrepris par Guillaume de Marceilles. En 1541, François Ier confie le projet d'urbanisme et de fortification à l'architecte italien Girolamo Bellarmato. Celui-ci a les pleins pouvoirs et organise le quartier Saint-François selon des normes précises (plan orthogonal, hauteur des maisons limitée…).

Les guerres de religion [modifier]
Détail de la façade de la cathédrale du Havre

La Réforme connaît un relatif succès en Normandie : les petits nobles du pays de Caux sont influencés et un temple protestant est construit au Havre dès 1561.

Le 8 mai 1562, les réformés investissent Le Havre. Redoutant une contre-attaque des armées royales, ils se tournent vers les Anglais qui envoient des troupes : 6 000 fantassins et 300 cavaliers commandés par le comte de Warwick. Les occupants construisent le fort Warwick et quatre bastions en vertu du traité d'Hampton Court. Les troupes de Charles IX, commandées par le connétable de Montmorency, attaquent Le Havre et les Anglais sont finalement chassés (juillet 1563). Le fort Warwick est détruit sur les ordres du roi de France.

Les XVIIe et XVIIIe siècles [modifier]
Maison de l'Armateur, XVIIIe siècle, Le Havre

La fonction de défense du Havre est réaffirmée et la modernisation du port débute au XVIIe siècle, sur ordre du cardinal de Richelieu, gouverneur de la ville : un arsenal est aménagé, les remparts sont renforcés et une forteresse est construite : c'est ici que Mazarin fait emprisonner les princes frondeurs, Longueville, Conti et Condé. À la fin du XVIIIe siècle, la citadelle est abandonnée et n'était plus qu'une simple caserne.

Mais surtout, Le Havre affirme sa vocation maritime et internationale au cours du XVIIe siècle : la compagnie des Indes s'y installe dès 1642. On importe des produits exotiques (sucre, coton, tabac, café, et diverses épices). La traite des Noirs enrichit les négociants havrais, surtout au XVIIIe siècle. Cependant le commerce maritime est soumis aux relations internationales et au contexte européen : les guerres de Louis XIV et de Louis XV interrompent momentanément l'essor du Havre. Les Anglais bombardent la ville à plusieurs reprises, notamment en 16946.

En 1749, Madame de Pompadour veut voir la mer : Louis XV choisit Le Havre pour satisfaire le désir de sa maîtresse. C'est une visite ruineuse pour les finances de la ville. L'essor économique du Havre se traduit par un accroissement de sa population (20 000 habitants en 1789) mais aussi par des transformations dans le port et la ville : installation d'une manufacture de tabac dans le quartier Saint-François, expansion des chantiers navals. Lors d'une visite en 1786, Louis XVI approuve le projet d'extension de la ville : c'est Lamandé qui se charge de multiplier par quatre la surface de la ville.

La période révolutionnaire (1789-1815) [modifier]
Museum d'histoire naturelle, XVIIIe siècle, Le Havre

Entre 1789 et 1793, le port du Havre est le deuxième en France, après celui de Nantes. Le commerce triangulaire se poursuit jusqu'à la guerre et l'abolition de la traite. Le port reste toujours un enjeu stratégique à cause du commerce des céréales (ravitaillement de Paris) et de sa proximité avec l'ennemi britannique. L'année 1793 fut difficile pour la France comme pour Le Havre à cause de la guerre, des insurrections fédéralistes et du marasme économique. La Terreur religieuse transforme la cathédrale Notre-Dame en temple de la Raison. La ville acquiert le statut de sous-préfecture par la réforme administrative de l'An VIII7. Sous l'empire, Napoléon Ier vient au Havre et ordonne la construction de forts8. À cause de la guerre contre la Grande-Bretagne et du blocus, l'activité du port se réduit et celle des corsaires s'accroît. La population du Havre diminue jusqu'à 16 000 habitants.

La prospérité du XIXe siècle [modifier]
Le port du Havre au XIXe siècle, BNF

L'arrêt des guerres révolutionnaires et napoléoniennes permet au commerce de reprendre normalement à mesure que s'éloigne la menace britannique. Le contexte de paix retrouvée et d'essor économique entraîne un afflux important de population. Les Havrais sont vite à l'étroit dans les murailles et de nouveaux quartiers apparaissent. Mais beaucoup d'indigents s'entassent dans le quartier insalubre de Saint-François. Les épidémies de choléra, de typhoïde et de « fièvres » font plusieurs centaines de morts dans les années 1830-1850. L'alcoolisme et la mortalité infantile font des ravages dans les classes les plus pauvres. Quant aux riches négociants havrais, ils sont très minoritaires mais leur nombre augmente ; ils se font construire de belles résidences en dehors des remparts, sur la « Côte ». Mais les fortunes construites rapidement peuvent disparaître aussi vite et provoquer des ruines retentissantes. Tout au long du XIXe siècle, l'aspect cosmopolite de la cité portuaire ne fait que se renforcer : dans les temps de prospérité maritime, la main d'œuvre du Pays de Caux est poussée vers Le Havre à cause de la crise du tissage. L'implantation d'une large communauté bretonne (10 % de la population havraise à la fin du XIXe siècle) modifie la vie culturelle du Havre. La réussite économique de la ville attire des entrepreneurs anglo-saxons et nordiques. On rencontre des Italiens, des Polonais puis des Maghrébins sur les quais et dans les usines.

La ville et son port se transforment grâce à de grands travaux d'aménagement, en partie financés par l'État, qui s'étalent tout au long du XIXe siècle, parfois interrompus par les crises politiques ou économiques. Ainsi plusieurs projets sont menés à bien comme la construction d'une bourse et du bassin du commerce dès la première moitié du siècle. L'installation progressive de l'éclairage au gaz à partir de 1836, de l'enlèvement des ordures (1844) et des égouts dénote un souci de modernisation urbaine. Au milieu du siècle, les vieux remparts sont rasés et les communes limitrophes sont annexées : par conséquent, la population de la ville du Havre augmente brusquement.

La période 1850-1914 constitue l'âge d'or du Havre ; en effet, si l'on met de côté quelques années de dépression (guerre de Sécession9, guerre franco-prussienne), le commerce explose et la ville s'embellit de constructions édilitaires (grands boulevards, hôtel-de-ville, palais de justice, nouvelle bourse).

Les effets de la révolution industrielle sont de plus en plus visibles au Havre : la première drague à vapeur est utilisée en 1831. Les chantiers de construction navale se développent. Frédéric Sauvage met au point ses premières hélices au Havre en 1833. Le chemin de fer arrive en 184810 et permet de désenclaver Le Havre. Les docks sont construits à la même époque, de même que des magasins généraux. À la veille de la Première Guerre mondiale, Le Havre est le premier port européen pour le café11 ; il importe quelques 250 000 tonnes de coton et 100 000 tonnes de pétrole.

Le secteur industriel existe, mais reste minoritaire au XIXe siècle : les usines sont en relation avec le trafic portuaire (chantiers navals, raffineries de sucre, fabriques de cordes, etc.). Le secteur bancaire se développe, même s'il demeure largement tributaire de l'extérieur. La ville compte peu de professions libérales et de fonctionnaires. Le nombre d'écoles reste insuffisant jusque dans les années 1870.
Le Havre, quai de Southampton

Le port est toujours la porte de l'Amérique : il reçoit des produits tropicaux (café, coton). Le cabotage européen apporte du bois, de la houille et du blé d'Europe du Nord, du vin et de l'huile de Méditerranée. L'abolition de la traite des Noirs entraîne peu à peu une modification des trafics. Le Havre reste un point de passage pour les candidats à l'émigration vers les États-Unis. Les voyages transatlantiques deviennent importants dans la deuxième moitié du XIXe siècle. En 1913, sur les 741 000 passagers qui transitent par Le Havre, 150 000 voyagent vers les États-Unis. C'est le début de l'ère des paquebots qui feront la fierté des Havrais.

Depuis les années 1830, Le Havre est une station balnéaire fréquentée par les Parisiens. La création des bains maritimes remonte à cette époque. C'est en 1890 que le boulevard maritime est construit, dominé par la villa maritime. Le casino Marie-Christine (1912) et le palais des Régates (1906) rassemblent la bourgeoisie. La fin du XIXe siècle et la Belle époque annoncent cependant des tensions sociales exacerbées par l'inflation et le chômage. À partir de 1886, l'agitation ouvrière, que soutiennent les socialistes de plus en plus influents, secoue la ville. L'affaire Jules Durand est symptomatique de ce contexte12.

Le temps des guerres (1914-1945) [modifier]

Le bilan humain de la Première Guerre mondiale est lourd pour la cité : environ 6 000 morts havrais, pour la plupart des soldats partis au combat. La ville a été épargnée par les destructions massives, car le front se situait beaucoup plus au nord. Plusieurs navires ont néanmoins été torpillés par les sous-marins allemands, dans la rade du Havre. Un des faits notables de la guerre a été l'installation du gouvernement belge à Sainte-Adresse, dans la banlieue du Havre, contraint de fuir l'occupation allemande13. La ville servit de base arrière pour l'Entente, notamment pour les navires de guerre britanniques.

La période de l'entre-deux-guerres est marquée par l'arrêt de la croissance démographique, l'agitation sociale et la crise économique. Au sortir de la guerre, l'inflation ruine de nombreux rentiers. La ville est devenue largement ouvrière. Les pénuries et la vie chère provoquent la grande grève de 1922 au cours de laquelle l'état de siège est proclamé. En 1936, l'usine Bréguet du Havre est occupée par les grévistes : c'est le début du mouvement ouvrier sous le Front Populaire. Sur le plan économique, la forte croissance de la deuxième moitié du XIXe siècle semble révolue. Les ports du Nord de l'Europe concurrencent sérieusement Le Havre et les grands travaux d'aménagement portuaire sont ralentis. Cependant, les importations de pétrole continuent d'augmenter et des raffineries voient le jour à l'est du Havre. La crise mondiale de 1929 et les mesures protectionnistes n'encouragent pas le développement du commerce. Seul le secteur du voyage se porte relativement bien, avec 500 000 voyageurs transportés en 1930. Le paquebot Le Normandie part pour New York en 1935. Mais rapidement se profilent les menaces de guerre et le danger nazi.

Les Allemands ont occupé Le Havre à partir du printemps 1940, avec une garnison qui a compté jusqu'à 40 000 soldats. Ils l'ont transformé en base militaire et aménagé la Festung Le Havre, ligne de casemates, blockhaus et batteries d'artilleries. Ce dispositif était intégré au mur de l'Atlantique. Pour les Havrais, la vie quotidienne fut difficile à cause des pénuries, de la censure, des bombardements et de la politique antisémite : ainsi, le maire Léon Meyer est contraint de quitter son poste à cause de ses origines juives ; de nombreux havrais partent. La résistance havraise s'est constituée autour de plusieurs noyaux comme le groupe du lycée du Havre ou encore celui du Vagabond Bien-Aimé. Ces groupes ont participé au renseignement des Britanniques et à des actions de sabotage en vue du débarquement du 6 juin. Pendant la Seconde Guerre mondiale, Le Havre subit 132 bombardements planifiés par les alliés; mais les destructions les plus importantes surviennent les 5 et 6 septembre 1944 lorsque les Alliés bombardent le centre-ville et le port pour affaiblir l'occupant ( nom de code du Bombardement « Tabula Rasa »). L'objectif était de faciliter le ravitaillement et la progression des troupes alliées, qui débarquées trois mois plus tôt en Basse-Normandie, se trouvaient en Belgique à cours d'approvisionnements. Le bilan des bombardements est lourd : 5 000 morts, 80 000 sinistrés, 150 hectares rasés, 12 500 immeubles détruits14. Le port est détruit et quelques 350 épaves gisent au fond de l'eau. La rade ainsi que l'estuaire étaient minés.Les fortifications du Mont Canisy, ouvrage du Mur de l'Atlantique, avait leur batterie pointé sur le port du Havre.

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